Qui a inventé la Flamme Olympique

la Flamme Olympique

Origine du relais du flambeau olympique. Éthique et tradition : que privilégier ? Qu’elles soient religieuses, païennes, culturelles, certaines manifestations traditionnelles demeurent sujettes à caution en raison de leur origine parfois stupéfiante.

Une multitude de fêtes dites « traditionnelles » ponctuent plus sûrement que le fatidique « métro-boulot-dodo » les agendas des populations diverses soumises à ces quasi diktats médiatisés à outrance. Sans oublier bien évidemment les traditions occasionnelles pour combler les vides des accros en manque de bornes calendaires. En enfilade, Thanksgiving, Halloween, Noël, le Jour de l’An, viennent de régir nos dernières semaines annuelles pour mieux nous lancer derechef dès les premiers jours de la nouvelle année vers les Rois, la Chandeleur, la St-Valentin, Pâques et ses œufs, la Fête des Mères, …

Entre quelques unes, nous vivrons au rythme des Jeux Olympiques, coutume dont l’origine et le cérémonial ne sont inconnus de personne (1) et qui, de prime abord, résonne comme un désir d’harmonie entre les peuples par le biais de compétitions sportives amicales.

Le relais de la flamme olympique

La flamme olympique, plus que n’importe quelle autre représentation, symbolise l’ouverture des Jeux. C’est en 1928, aux Jeux d’Amsterdam d’été qu’elle fut de nouveau allumée (À Olympie, durant les jeux antiques, une flamme sacrée brûlait continuellement sur l’autel de la déesse Héra). Mais le relais de la flamme olympique ?

Mise en torche, elle part d’Olympie et est transportée par des centaines, voire des milliers de personnes sur des milliers de kilomètres pour arriver sur le lieu des Jeux afin d’allumer la vasque olympique qui brûlera le temps des festivités et sera éteinte pour les clore. Chaque pays hôte s’enorgueillit de présenter un exemplaire original du flambeau pour lequel nombre de ressources sont consacrées. Mais d’où l’idée de ce relais vient-elle ?

En 1936, à Berlin, Hitler et son architecte damné Albert Sperr, en plein délire mégalomaniaque architectural repensent Berlin. Outre l’aspiration obsessionnelle d’Hitler de faire de Berlin la Rome moderne, celui-ci désire époustoufler le reste du monde – et surtout les pays invités lors de cet événement que seront les Jeux Olympiques. C’est dans cette ambiance d’effervescence frénétique et dictatoriale que Carl Diem (2), Président du Comité des Jeux de Berlin de 1936, aurait soumis cette idée à Joseph Goebbels, ministre de la propagande en charge de la couverture médiatique des Jeux : que 3.422 jeunes coureurs aryens portent des torches en feu le long d’un trajet de 3.422 km, depuis le Temple d’Héra sur le Mont Olympe jusqu’au stade de Berlin.

Et l’éthique ?

Le premier relais avec la torche eut donc lieu lors des Jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin. Ce fait historique entraîne toujours des controverses sur le bien-fondé de cette pratique qui se veut un symbole d’harmonie entre les nations, car elle fut décidée à l’origine pour participer à la glorification du Troisième Reich. Foin de l’éthique donc, puisque depuis, tous les quatre ans, la flamme parcourt le monde… (3)

[1] Premiers jeux olympiques en 776 avant J. C., à Olympie, en Grèce antique, réactualisés et modernisés par Pierre de Courbertin à la fin du XIXème siècle (création du Comité International Olympique le 23 juin 1894) ; les premiers jeux olympiques modernes se tiennent en 1886 à Athènes (pour la symbolique).

[2] «Quant au véritable concepteur de la cérémonie olympique – Carl Diem – il a longtemps servi d’alibi au mouvement olympique international pour éviter l’accusation de continuer une « tradition » inventée par Goebbels. Or, depuis peu, le rôle de Diem en tant qu’apparatchik nazi responsable du sport et étroit collaborateur de Goebbels a été bien étayé. Cf. Achim Laude, Wolfgang Bausch, Der Sport-Fuhrer : Die Legende um Carl Diem, Göttingen, Die Werkstatt, 2000.» (tiré de l’article d’Anastassios ANASTASSIADIS : L’anathème sur la flamme olympique ? à lire sur http://assr.revues.org/index3266.html).

[3] Lionel Richard, Le nazisme et la culture, Paris, Maspero, 1978.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *