Qui a inventé le signe Arobase – @

arobase

L’@robase : d’où vient-il, que signifie t-il? Inconnu du grand public il y a encore 20 ans, l’arobase s’est installé dans de nombreux foyers. Sans que nous sachions réellement ce qu’il veut dire… Désormais devenu signe banal chez les utilisateurs de courrier électronique, le signe arobase daterait cependant de bien avant l’ère informatique.

Un terme à géométrie variable

Si le genre masculin semble être plutôt l’origine de l’arobase, le féminin est lui aussi accepté. Cependant, sur Internet, les requêtes révèlent que le masculin est deux fois plus usité que le féminin. Ceci pour le genre. Pour la prononciation, s’il avait été préconisé par laDélégation générale à la langue française et aux langues de France ou DGLFLF, de prononcer arrobe, il semble bien que prononcer arobase soit plus la panacée de la majorité notamment dans le monde informatique qui est quand même à l’origine sinon de sa création du moins de son expansion. Normalement, il faudrait donc prononcer mais aussi écrire arrobe, l’arobase n’étant pas autorisé à l’oral et tout juste toléré à l’écrit mais comme dit, entre l’officiel et l’officieux, c’est le second qui l’emporte au quotidien même si l’anglais «at» s’impose au fur et à mesure d’abord chez les plus jeunes et peu à peu chez les plus anciens.

L’origine historique

Pour celui qui est adepte de la Paléographie, le @ est un signe qu’il aura pu voir dans des textes anciens datant du Moyen Âge. Selon le linguiste Berthold Louis Ullman, ce signe trouve son origine dans la ligature effectué par les moines copistes pour le «ad» latin signifiant «à» ou «vers» en français et «at» en anglais. Le a et le d cursifs ont fini par se confondre, le d senroulant autour du a et donnant donc le @. Le mot arobase pourrait venir d’une unité de mesure espagnole larroba dont le nom français est arrobe. Cette mesure espagnole viendrait elle-même de larabe ar-roub (le quart).

Le @, un moment disparu, reparaît durant le XIIe siècle dans lécriture gothique. Dans les comptes des marchands florentins, il symbolise une unité de poids ou de mesure, lamphore, sous la forme dun a stylisé à la mode florentine. Il sera plus ou moins utilisé durant les siècles qui suivent jusqu’à ce qu’il soit popularisé aux Etats-Unis dès le XIXe siècle. Il servait à noter le prix unitaire des marchandises. Ainsi, «trois tables à 100 dollars pièces» s’écrit alors «3 tables @ $ 100» et se lisait «at» comme aujourd’hui… Ce signe qui apparaissait sur les machines à écrire et dont personne ne savait plus à quoi il correspondait va donc s’imposer en informatique et devenir un classique de ce langage informatique. Qui plus est, le «at» américain pouvant aussi servir à localiser objets et autres, cest sans doute pourquoi Roy Tomlinson en 1971 l’a choisi pour indiquer la localisation des serveurs et boîtes aux lettres de courrier électronique.

Le signe @ est utilisé sur Internet principalement dans les adresses de courrier électronique comme séparateur entre le nom d’utilisateur et le nom du domaine de messagerie. Cet usage l’a rendu omniprésent dans la culture visuelle contemporaine, comme symbole non seulement du courrier électronique mais d’Internet dans son ensemble, voire de la communication moderne. Le Museum of Modern Art de New York l’a inscrit à ce titre à l’inventaire de sa collection en 2010.

En 1971, l’informaticien Ray Tomlinson, envoyant le premier message électronique de machine à machine, choisit d’utiliser ce signe comme séparateur dans l’adresse parce qu’il n’appartenait à aucun alphabet.

Comment est traduit arobase ailleurs

Français «arobase», espagnols et portugais «arroba» ont attribué un nom original au signe @. Langlais se contente lui du basique at sign cest-à-dire le commercial at. D’autres langues ont fait preuve de plus d’imagination. Voici quelques exemples :

Esperanto : heliko (escargot)

Italien : chiocciolina ou chiocciola (escargot)

Hébreu : kroukhit (strudel)

Allemand : Klammeraffe (queue de singe)

Néerlandais : apestaart (queue de singe)

Finlandais : apinanhäntä (queue de singe), kissanhänta (queue de chat) ou miukumaiku (signe du miaou)

Hongrois : kukac (ver de terre)

Danois : snabel a (le a avec une trompe déléphant)

Grec : papaki (caneton)

Russe : sabatchka (petit chien)

Suédois : kanelbullar ou kanelbulle (brioche à la cannelle)

 

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